
L’incarcération de Jordi Cuixart et des huit autres dirigeants indépendantistes indigne la majorité des Catalans. Manifestation en faveur de leur libération à Barcelone, le 16 janvier 2018.
En prison depuis quinze mois, neuf leaders séparatistes catalans attendent leur procès. Une épreuve politique pour Madrid aussi.
Quand il apparaît derrière la vitre du parloir de la prison de Lledoners, non loin de Barcelone, Jordi Cuixart arbore un franc sourire. Yeux vifs, barbe poivre et sel, difficile d’imaginer que le président d’Omnium Cultural, une association de la société civile catalane, est en prison depuis près de quinze mois. Dans quelques jours, il sera transféré à Madrid où doit démarrer son procès pour rébellion et sédition, en compagnie de huit autres dirigeants indépendantistes catalans. Tous sont en détention depuis le référendum sur l’indépendance de la Catalogne et la proclamation avortée de la rupture avec Madrid, en octobre 2017.
Nul doute que leur procès va occuper le devant de la scène médiatique espagnole. Il pourrait même peser sur les élections européennes, municipales et régionales du 26 mai prochain. Et maintenir à vif les tensions entre la région la plus riche d’Espagne et le pouvoir central à Madrid : à lire les enquêtes d’opinion, huit Catalans sur dix jugent “injuste” l’incarcération des indépendantistes. Jordi Cuixart risque entre huit et dix-sept ans de prison.
AFP/Lluis Gene